<linearGradient id="sl-pl-bubble-svg-grad01" linear-gradient(45deg, #000, #803100 49%, #800000 50%, #000)
Loading ...

Honoraires ou commissions : le choix qui définit la valeur d’un cabinet de CGP  

Un métier fondé sur la confiance… et sur un modèle économique 

Le conseiller en gestion de patrimoine occupe une place singulière dans le paysage financier français. Contrairement au conseiller bancaire, soumis à des objectifs de vente de produits maison et rémunéré en partie en fonction du volume distribué, le CGP se positionne comme un prestataire de services global : bilan patrimonial, sélection de produits adaptés, optimisation fiscale, suivi des investissements, accompagnement successoral. Son périmètre d’intervention est large, sa relation client est intime, et sa valeur repose sur une promesse de conseil personnalisé et indépendant. 

Mais derrière cette promesse se cache une réalité économique plus complexe : la question de la rémunération. Comment le CGP se rémunère-t-il ? Qui paie, et pour quoi ? Ce choix, honoraires ou commissions, n’est pas anodin. Il détermine la nature de la relation client, le positionnement commercial du cabinet, et, de manière croissante, sa valeur dans une opération de cession ou d’adossement. 

Le marché des CGP représente aujourd’hui entre 105 et 110 milliards d’euros d’actifs sous gestion en France, sur un total de 5 030 milliards d’euros d’épargne des ménages, soit environ 2 % du marché patrimonial total. Un poids encore modeste, mais une dynamique de croissance qui attire des capitaux considérables. Comprendre le modèle de rémunération des CGP, c’est comprendre les fondements de leur valorisation. 

Trois modèles de rémunération, trois logiques distinctes 

La rémunération d’un CGP peut emprunter trois voies principales, chacune répondant à une logique économique différente. 

Honoraires (conseil payé directement) : Les honoraires constituent la forme la plus transparente de rémunération : le conseiller facture directement son client pour le temps consacré ou la prestation réalisée, indépendamment des solutions préconisées. Cette approche dissocie clairement le conseil des produits. 

  • Facturation au temps passé (150 à 400 € / heure)  
  • Forfait selon la mission (500 à 3 000 € pour un bilan patrimonial)  
  • Accompagnement global annuel (1 500 à 10 000 € / an)  

Ce mode de rémunération offre une bonne lisibilité des coûts et s’adapte à la complexité et à l’étendue des besoins du client. 

Rétrocommissions (modèle dominant) : À ce jour, les rétrocommissions constituent le modèle dominant en France. Selon l’AMF, plus de 90 % des CGP se rémunèrent via des commissions reversées par les assureurs, sociétés de gestion ou promoteurs immobiliers dont ils distribuent les produits. Ces frais sont généralement intégrés directement dans les solutions proposées. 

  • Frais sur versement (jusqu’à 5 %)  
  • Frais de gestion annuels (1 à 2 %)  
  • Commissions sur produits défiscalisants (7 à 10 %)  

Ce fonctionnement, largement répandu, permet d’intégrer la rémunération dans les solutions mises en place tout en simplifiant la perception du coût pour le client. 

Pourcentage des encours (modèle hybride) : La facturation en pourcentage des actifs sous gestion correspond à un modèle hybride : le conseiller perçoit une rémunération proportionnelle aux encours suivis, ce qui établit un lien direct avec l’évolution du patrimoine du client. 

  • Frais annuels sur encours (0,5 % à 2 %)  
  • Tarification souvent dégressive selon les montants  

Ce modèle favorise une relation dans la durée et un accompagnement aligné avec le développement progressif du patrimoine. 

Les logiques de choix des modes de rémunération 

Le recours majoritaire aux rétrocommissions en France s’explique d’abord par une réalité commerciale : un modèle dans lequel la rémunération est intégrée aux produits facilite l’entrée en relation avec le client. Celui-ci ne perçoit pas directement le coût du conseil, ce qui rend l’offre plus accessible, notamment lors des premières démarches patrimoniales. 

Ce fonctionnement s’est progressivement imposé comme standard de marché. Selon l’AMF, plus de 90 % des CGP y ont recours, ce qui en fait aujourd’hui le modèle structurant de la profession. 

À l’inverse, le modèle à honoraires repose sur une logique différente : il dissocie totalement le conseil des solutions mises en place et suppose une acceptation explicite du coût par le client. Il est ainsi plus fréquemment adopté dans des contextes où la relation de conseil est déjà installée ou auprès de clients recherchant une approche plus formalisée. 

La réglementation, notamment avec MiFID II, a introduit une distinction entre conseil indépendant (rémunéré uniquement en honoraires) et non-indépendant (incluant les rétrocommissions). En pratique, la majorité des cabinets français conservent un modèle mixte ou fondé sur les commissions, tout en revendiquant une indépendance dans le choix des solutions proposées. 

Enfin, certains marchés européens, comme le Royaume-Uni ou les Pays-Bas, ont fait évoluer leur cadre en imposant une rémunération exclusivement en honoraires. En France, le modèle reste hybride, avec une évolution progressive des pratiques plutôt qu’une transformation brutale. 

Impact du modèle de rémunération sur la valorisation

C’est ici que la dimension M&A prend toute son importance, un angle encore insuffisamment anticipé par de nombreux dirigeants de cabinets. En finance transactionnelle, la valeur d’un actif repose avant tout sur la qualité, la visibilité et la pérennité de ses flux futurs. 

Appliqué aux cabinets de CGP, cela se traduit avant tout par une lecture de la structure des revenus, avec une distinction centrale entre revenus récurrents et non récurrents. 

  • Typologie des produits distribués et caractéristiques des encours. 
  • Capacité à transférer la relation client dans le cadre d’une cession.  
  • Organisation du cabinet et degré de dépendance à la personne du dirigeant.  

Ces éléments permettent au cédant d’anticiper la manière dont son cabinet sera analysé et valorisé, non seulement au regard du niveau de revenu actuel, mais surtout de sa capacité à se maintenir dans la durée. 

Ce différentiel de lecture est structurant. Un cabinet dont les revenus sont composés à 80 % de commissions annuelles sur encours et à 20 % de droits d’entrée ne se valorise pas du tout de la même manière qu’un cabinet dont la composition est inverse, à encours équivalents. Le premier présente une visibilité des flux qui rassure l’acquéreur et facilite le financement de l’opération. Le second expose l’acheteur à une incertitude sur la reconduction des revenus après la transaction. 

Au-delà des niveaux de revenus, c’est donc bien leur nature, leur régularité et leur récurrence qui structurent la perception de valeur dans une opération de cession. 

Chez Triactis, nous sommes spécialisés en conseil en fusions-acquisitions auprès des CGP, nous les accompagnons dans leurs projets de transmission depuis plus de 20 ans. Nous sommes ainsi parfaitement en mesure de vous accompagner dans cette phase de transition vers des revenus récurrents et sommes convaincus que nos services représenteraient pour vous une véritable valeur ajoutée. 

Les facteurs correcteurs qui amplifient ou déprécient la valorisation

Au-delà de la nature des revenus, les acquéreurs appliquent un ensemble de corrections à la hausse ou à la baisse qui reflètent la qualité intrinsèque du cabinet. 

Plusieurs facteurs contribuent à amplifier la valorisation : 

  • Une forte profitabilité et une bonne maîtrise des charges (marge opérationnelle de l’ordre de 20 % à 40 %)  
  • Une clientèle diversifiée, fidèle et peu concentrée  
  • Un encours moyen par client élevé et une clientèle à fort potentiel d’investissement  
  • Une organisation structurée avec des process formalisés et une équipe impliquée  
  • Une relation client partagée et transférable au sein du cabinet  

À l’inverse, ces mêmes éléments, lorsqu’ils ne sont pas réunis, peuvent constituer des facteurs de décote. 

D’autres facteurs contribuent également à déprécier la valorisation : 

  • Le niveau de dépendance à la personne du dirigeant  
  • La qualité de la conformité réglementaire et la traçabilité des opérations  

Ces éléments permettent d’apprécier la solidité réelle du cabinet au-delà de ses seuls revenus. La valorisation repose ainsi autant sur la qualité de l’organisation et du portefeuille que sur la capacité à sécuriser et pérenniser l’activité après la cession. 

Préparer sa cession : structurer le modèle pour défendre la valorisation 

La conclusion s’impose d’elle-même pour tout dirigeant de cabinet qui envisage, à terme, une cession ou un adossement : le choix du modèle de rémunération n’est pas seulement un choix commercial ou éthique. C’est une décision stratégique qui conditionne directement la valeur de son entreprise. 

Un cabinet qui a structuré ses revenus autour d’une base récurrente solide, que ce soit via des commissions annuelles sur encours, un abonnement ou un pourcentage des actifs gérés, dispose d’un actif valorisable de manière lisible et défendable. Un cabinet dont les revenus sont majoritairement constitués de droits d’entrée ou d’honoraires one-shot présente une prime de risque bien plus élevée aux yeux d’un acquéreur. 

La récurrence des revenus n’est qu’un premier niveau. La préparation d’une cession est un processus évolutif, s’étalant généralement entre 6 mois et 18 mois selon le degré de préparation en amont des futurs cédants. Elle implique un travail de fond sur plusieurs dimensions simultanément : la segmentation et la documentation de la clientèle, la formalisation des processus, l’amélioration de la profitabilité, la réduction de la dépendance au fondateur, et la mise en conformité complète avec les exigences réglementaires. C’est un travail de chef d’entreprise, distinct du travail de conseiller, et qui nécessite souvent un regard extérieur pour être mené avec rigueur. 

La valeur d’un cabinet de CGP, c’est d’abord la qualité et la prévisibilité de ses revenus. Mais c’est aussi la capacité de son dirigeant à défendre sa marge, à expliquer son positionnement et à construire un discours cohérent avec sa réalité économique. 

Triactis accompagne les dirigeants de cabinets en gestion de patrimoine qui souhaitent préparer et structurer leur opération de cession, adossement ou rapprochement. Cela passe par un travail concret sur la lisibilité du chiffre d’affaires récurrent, la segmentation du portefeuille, la profitabilité du cabinet et le positionnement de la transaction vis-à-vis des acquéreurs. L’enjeu n’est pas uniquement de trouver un repreneur, c’est de construire une transaction cohérente avec la valeur réelle du cabinet, et d’en maximiser le prix dans la durée. 

La fin du courtage « à l’ancienne » 

2 avril 2026

Le courtage en assurance traverse aujourd’hui une transformation structurelle profonde.  Selon une étude, 70% des consommateurs débutent leur recherche d’assurance en ligne, un chiffre qui illustre la profonde transformation du secteur   Un modèle historique remis en question   Longtemps fondé sur un modèle...

DISPONIBLE DU LUNDI AU VENDREDI

Besoin de conseils d'un expert en fusion et acquisition ? Prenez rendez-vous dès maintenant ou appelez nous

En semaine de 9h00 à 19h00